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Lakhdaria, ex palestro 
 
 
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Guerrouma

 
http://www.visomap.com/place-fr/Guerrouma/-674519">SITUATION GEOGRAPHIQUE
 
 
En quête d’un autre destin  
 
La réputation, non usurpée, acquise au cours de la décennie rouge par cette région se dissipe difficilement pour laisser place au réveil brutal d’une réalité socioéconomique des plus problématiques. 
 
Lors des visites furtives que nous avions effectué au début de la présente décennie, nous avions la sensation qu’un silence religieux, suspect et inexplicable recouvre les monts et les coteaux de cette partie du massif de l’Atlas blidéen. 
 
C’est sans grande conviction que les habitants des hameaux relevant de la commune de Guerrouma déclinent leur appartenance territoriale à la wilaya de Bouira. Perchée sur les monts de Zbarbar, à 600 m d’altitude, l’agglomération chef-lieu de commune est située à plus de 30 km au sud de Lakhdaria, daïra à laquelle elle est rattachée administrativement. 
 
La route qui y mène à partir de l’ex-Palestro, le chemin de wilaya 93, serpente laborieusement avec une pente allant crescendo jusqu’à faire ahaner le véhicule le plus robuste. En outre, les virages trop aigus donnent une sensation irrésistible de vertige. À mi-chemin, nous planons déjà, comme par une magique vue d’avion, sur les vallons et méandres de Oued Bouamoud qui nous montrent les fastes de la nature : l’eau ruisselle sur les falaises rocheuses et les chevreaux s’accrochent aux branches et ramures d’oléastre et de pin d’Alep. La circulation sur la route est très discrète. On peut rouler pendant un quart d’heure sans croiser aucun véhicule. Même si la situation sécuritaire s’est substantiellement améliorée depuis le début de la décennie en cours, les villages et hameaux de la région ont connu pendant plusieurs années le diktat terroriste qui a laissé des traces indélébiles dans la société. Les forces de sécurité et les Patriotes ont payé le prix fort dans leur lutte contre les organisations criminelles qui ont écumé, des années durant, les maquis et les forêts entourant les zones habitées. 
 
La région de Guerrouma se remet difficilement de la longue épreuve d’insécurité qui l’a prise en otage depuis le début de l’aventure terroriste. N’est-ce pas que sur ces monts invaincus pendant la guerre de Libération que le djihad contre les Algériens a été proclamé en 1992 ? Des dizaines d’innocents (bergers, ouvriers, paysans) ont été fauchés par le règne de la bêtise aussi bien sur la route dans leurs domiciles. Mais, ici, on veut tourner la page de l’insécurité et du terrorisme. Le constat de ces années où les bourgades et les propriétés furent abandonnées est des plus alarmants. D’abord, il y a ceux qui ne sont pas revenus et qui, probablement, ne reviendront jamais. L’exode rural, qui a commencé déjà pour des raisons économiques au milieu des années 1980, a subi une extraordinaire accélération à partir de 1994. Lakhdaria, Tablat, Bouira, Boumerdès, Réghaïa, …et d’autres villes du centre du pays ont reçu une partie de ces montagnards. Après le relatif retour à la paix ressenti au début des années 2000, les défis de la vie se posent crûment à ceux qui sont décidés de continuer à vivre à Guerrouma et à ceux qui la retrouvent après des années d’absence. Le chômage, l’enclavement de certains, hameaux, la santé, l’éducation et d’autres préoccupations liées au monde de la jeunesse ne cessent de contrarier les efforts et les volontés de ceux qui considèrent que ce coin de montagne est leur gîte définitif et qu’il y a lieu de le promouvoir et de le rendre vivable. 
 
Aux bourgades de Zouatène, Diour et Aïn Beïdha, on se sent plus proche de Tablat (wilaya de Médéa) que du chef-lieu de la daïra de Lakhdaria auquel pourtant ces pâtés de maisons rattachent. Pour consulter un médecin où acheter un médicament dans une pharmacie, les gens se rendent sans hésitation à Tablat, une ville située à 15 km de ces lieux. Pour descendre à Lakhdaria en vue de retirer des papiers administratifs par exemple, le déplacement relevait, jusqu’à un passé récent de l’exploit. La régularité des navettes de transport public n’est acquise que récemment. " Auparavant, il nous arrivait de ne pas revenir dans la journée une fois descendus à Lakhdaria. Moi-même, j’ai passé la nuit chez des proches de la ville lorsque je me suis aventuré en 1999 à faire la chaîne dans les bureaux de la CNAS. C ’est au bout du troisième jour que j’ai regagné Guerrouma ".  
 
Vaste de 97 km2, la commune de Guerrouma abrite une population de presque 20 000 habitants répartis sur plusieurs hameaux. Les plus importants sont le village agricole de Aïn Beïdha, Diour, Beni Anane, Zerarka, Tifirès et Zouatène. Ce dernier hameau que dessert une piste étroite s’accroche vertigineusement au versant Est de l’Oued Isser. La topographie abrupte des lieux a exclu toute infrastructure d’importance. La même configuration s’offre au visiteur à Tifirès. L’enclavement est vécu dans toutes ses dimensions hormis une école primaire qui occupe la seule plate-forme que possède le hameau. Pour chercher du travail, il faut se déplacer sur des dizaines de kilomètres sans être sûr d’être embauché. 
 
L’agriculture de subsistance qui prévalait il y a une dizaine d’années, se réduit en peau de chagrin. Les nouveaux programmes initiés avec le soutien de l’État n’ont pas encore donné de résultats tangibles. Beaucoup de citoyens, au vu du regain d’intérêt du gouvernement pour les industries minières, nourrissent l’espoir de réactivation de l’ancienne mine de Guerrouma où étaient exploités le cuivre et le baryte. Dans les vieilles galeries étaient employés, jusqu’aux années soixante, des centaines d’ouvriers de la région de Guerrouma, Boukram, Bouderbala, Maâla, El Kadiria et Lakhdaria. Aujourd’hui encore, on retrouve les galeries et les pistes qui ont servi à l’exploitation de cette mine. Comme nous l’a déclaré un éleveur de lapins, formé par les épreuves de la vie, à la fois aigri et aguerri : il est difficile de dégager les priorités sur ces collines enclavées de Guerrouma où tout reste à faire. 
 
La beauté sauvage des collines et des pitons du pays de Zbarbar abrite des hommes à la recherche de leur destin, des jeunes désœuvrés et sans repères, des volontés confusément affirmées pour la reconstruction d’un monde déchu par une fatalité de l’histoire. Les yeux hagards, la tenue bancale, l’esprit occupé et le cœur accroché à l’espoir d’un avenir meilleur. 
 
Pour la majorité des habitants, l’avenir immédiat, l’espoir à portée de main, est ce barrage de Koudiat Acerdoune. La commune de Guerrouma domine le lac par l’amont. Avec ses 640 millions de M3, cet ouvrage qui sera réceptionné dans quelques mois, est considéré ici comme le véritable trésor de la région. 
 
 
 
Amar Naït Messaoud 
DEPECHE DE Kabylie 
 
 
21 mars 2007  
 
Les logements de Guerrouma 
 
A en juger par la pétition adressée au wali par les 19 habitants de Ghrifa, dans la commune de Guerrouma (Lakhdaria), la situation en ce lieu serait critique. 
 
Le glissement du terrain observé en 2005, dans ce petit village, se serait aggravé au point qu’une commission d’enquête, diligentée en ces lieux, a conclu dans son rapport, à leur évacuation pour cause d’instabilité du terrain. Les choses sont demeurées dans cet état. Pire, la situation s’étant aggravée lors des dernières intempéries qui ont accentué le glissement de terrain, accompagné de coulées de boue. les citoyens de Ghrifa, pris de colère, ont manifesté le 13 de ce mois, en procédant à la fermeture du siège de l’APC de Guerrouma. Revenant sur les dernières pluies, les 19 signataires de ladite pétition font état de dégâts matériels fort importants. II y est même question de destruction de logements. Les pétitionnaires sont beaucoup plus indignés de l’abandon où ils se trouvent, exigeant simplement un toit contre les intempéries . 
 
A. Douidi 
elwatan 
 

 

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Modifié en dernier lieu le 8.11.2007
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